" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

5.31.2007

A wedding procession in Morocco



5.09.2007

La femme chleuh*

" Légende et vie d'Agoun'chich "** roman de Mohammed Khaïr Edinne, une histoire émaillée de mythes et de légendes Amazighs sur fond de querelle, Agoun'chich, "tronc d'arbre mort" en Tamazight, retrace la vie d'un personnage picaresque, dit Lahcen Agoun'chich, qui décide de partir sur les routes pour venger la mort de sa soeur assassinée par méprise, à sa place.
Il doit son surnom à une ruse de guerre qui consista à s'enduire d'écorce de vieux troncs pour échapper à ses adversaires. Les descriptions du paysage, des personnages sont chargées de l'émotion des retrouvailles de l'auteur avec ses racines : le leitmotiv du livre est sans conteste le thème de la culture profonde, des racines intrinsèques, de l'exil et de l'errance.
La question de l'identité se pose avec acuité, avec insistance : elle est omniprésente dans le paysage, les personnages, le discours. Le titre même du roman en est un exemple flagrant : la légende d'Agoun'chich fait partie du patrimoine Amazigh du Sud: elle en exalte la dimension culturelle glorieuse passée et présente.
Le ton du livre est propre au style de Kheir Eddine : provocateur, agressif, réduit en bribes de récits.
Pour vous encouragez à lire le roman ; Voilà un petit chapitre parle de la femme chleuh :
" ... la femme chleuh, qui vit toute l'année dans sa montagne, est d'abord un être doublement coloré ; un être extérieurement rouge et noir. Cependant, la modernité grignote peu à peu la beauté millénaire des choses ; cela se remarque surtout à des détails infimes comme ces bâtonnets de corail remplacés depuis quelques années par des bâtonnets en matière plastique.
De tout temps la femme chleuh a été pourvoyeuse des significations cachées du monde. C'est elle qui inculquait aux très jeunes enfants la culture ancestrale … Cette culture ne se donnait pas comme un apprentissage au sens scolaire, mais comme un travail de patience et de méthode qui consiste à nourrir le cerveau de l'enfant de légende symboliques tout en lui faisant connaître les beautés diverses et immédiates de la terre. Les changements des saisons se transformaient en festivités dionysiaques où le désir vital acquérait une dimension propre aux mythologies les plus envoûtantes.
La femme apparaissait alors comme une déesse bienfaisante, car elle composait avec les éléments, elle était les éléments de tout ce qui les embellissait aux yeux des hommes. Mais c'est au printemps, lorsque les torrents frangés d'écume brune et duvetés de tamaris verts roulaient un tam-tam de galets assourdis, qu'elle s'épanouissait et devenait aussi aérienne qu'une antilope. Elle se confondait avec la naissance de la nature. Toutes ces montagnes et ces vallées habituellement arides répercutaient son champ de fibre en fibre dans un florilège de papillons et de coccinelles.
On voyait les jeunes filles couper l'herbe tendre et l'entasser dans leur hotte ; elles ne se voilaient pas le visage qui resplendissait sous une frange de cheveux noirs. Elles s'égaillaient dans les champs entre les hautes tiges porteuses de fleurs diaprées, les amandiers et les oliviers au feuillage mat. Au crépuscule, elles déposaient leur hotte sur le sable humide du torrent et s'asseyaient en cercle sur les dalles schisteuses pour s'épancher.
Elles devaient parler d'amour et d'innocence..."

*les Amazighs du sud de Maroc


** الرواية مترجمة إلى العربية تحت عنوان" أسطورة و حياة أغونشيش"