" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

2.21.2006

La femme du sultan et le diadème

Il y avait un sultan qui était comblé de richesses et ses femmes étaient les plus belles de la terre. Mais il en avait une qu’il préférait aux autres et à qui il donnait les plus beaux bijoux. Il lui avait fait faire un merveilleux diadème d’or, serti de pierres précieuses et, chaque fois qu’elle allait vers lui, elle mettait ce diadème.
Un jour, elle entendit un pauvre qui implorait la charité au nom de l’envoyé de dieu. Elle n’avait rien d’autre sous la main que son diadème. Elle l’enveloppa dans un mouchoir et le lui fit porter.
Or ce pauvre était un ancien marchand qui s’était ruiné en faisant la charité à ses semblables. Quand il reçut le diadème, il le soigneusement après en avoir arraché un rubis, qu’il vendit. Il monta, avec le produit de la vente, une petite boutique, dans les souq, et fit chaque jour de grands gains, si bien qu’il redevint un des plus gros commerçants de la cité, possédant plusieurs boutiques, des maison et animaux, des jardins et des champs. Un jour, le sultan fit appeler son épouse préférée pour lui tenir compagnie. Elle arriva, belle et parée, mais il s’aperçut aussitôt qu’elle n’avait pas son diadème.
«Où est ton diadème ? dit-il. Pourquoi ne t’en es-tu pas parée ?»
«Je ne l’ai plus ; je l’ai donné à un pauvre qui mendiait au nom de l’envoyé de Dieu …»
Alors, n’écoutant que sa fureur, le sultan lui fit trancher les deux mains, arracha ses vêtements somptueux, lui jeta un tissu d’esclave bleu sur la tête et les épaules, et fit conduire, sans ressources, hors de son palais.
Elle se mit à mendier à son tour. Un jour, elle fut surprise par le riche marchand, à la porte de sa villa, alors qu’elle ramassait sa nourriture dans les ordures. Le marchandant lui dit : «entre dans ma maison te rassasier.»
«Je ne le puis, dit elle.»
« Et si je te prenais pour épouse ?»
« Je te suivrai aussitôt.»
«Eh bien ! Je te prends pour épouse. Viens avec moi.»
Il l’emmena chez lui, la confia à ses bonnes et leur dit : «voici mon épouse ; demain, vous la mènerez au hammam et lui appliquerez le henné aux mains.»
Or, la pauvre femme tenait ses bras cachés sous ses haillons. Elle était si fatiguée qu’elle demanda à se coucher tout de suite sans manger et, quand elle fut seule, elle se mit à pleurer car elle se demandait si le lendemain, en voyant ses mains coupées, l’homme riche la voudrait encoure. Enfin, elle s’endormit.
Pendant son sommeil, le Prophète de Dieu vient la visiter, caressa ses mains comme si elle en avait encore et disparut. A son réveil, elle croyait qu’elle avait rêvé quand elle s’aperçut que ses mains avaient repoussé.
Alors elle alla au bain, se maria et vécut heureuse.
Un jour, un mendiant vint à passer. Il était très misérable et demandait du pain. Le riche mari se leva, ouvrit son coffre où étaient enfermées ses richesses, en sortit le diadème et le remettant à sa femme, lui dit «donne-lui ce diadème qui m’a été donné à moi-même quand j’étais malheureux.» mais elle s’écria : «c’était donc toi le pauvre à qui j’avais donné mon diadème. Car, avant d’être à toi, j’étais la femme du sultan ; et, pour me punir de te l’avoir donné, il m’a fait couper les deux mains et jeter à la rue où, à mon tour, j’ai mendié. Et mes mains ont repoussé par une caresse de l’envoyé de Dieu, la veille du jour où tu m’as épousée.» Il répondit : «j’étais ce pauvre. Je n’ai pris du diadème qu’un rubis, je l’ai vendu et je suis, de nouveau, devenu riche. Donne donc ce diadème au pauvre qui mendie à notre porte. » Elle enveloppa alors le diadème d’un mouchoir et l’envoya au pauvre.
Celui-ci le refusa, disant qu’un pain ferait bien mieux son affaire. La femme dit alors à son mari : «fais-le entrer et qu’il soit l’hôte de Dieu.»
On introduisit ce pauvre, on le fit manger. Pendant qu’il était à table, la femme, qui regardait par une fente de la porte, reconnut en lui le sultan, son ancien mari. Elle fit appeler son mari et le lui dit. Alors, quand on servit le thé, le mari fit venir sa femme et lui offrit de prendre une tasse de thé avec aux.
Le sultan déchu s’écria : «quelle étrange ressemblance. Mais cette femme a des mains, tandis que j’ai enterré, j’ai enterré, moi-même, les mains de ma femme, après les avoir coupées. J’étais alors le jouet d’Iblis, qu’ai-je donc fait ?» Le riche dit alors toute l’histoire u diadème et dit à sa femme : «suis ce sultan si tu veux.» mais elle refusa et déclara qu’elle était la femme du marchand et non du sultan.
Alors ils donnèrent au sultan déchu le diadème qu’un rubis, ils l’engagèrent à suivre la route d’Allah et ils vécurent dans la joie et la fidélité.

5 commentaires:

Anonymous fonnou a dit...

je connaissais déjà ce conte, mais sans le passage des mains coupées. il faut dire que ma grand mère a censuré l'histoire, elle n'aiment pas le sang.

merci pour les moments de nostaligie que tu nous accorde.

j'en ai les larmes aux yeux.

12:07 PM

 
Blogger Amazigh a dit...

Salut,

J`aime beaucoup tes contes, ca me fait rappeler mon enfance... hey, kan zaman...

Yalah merci et A+

5:47 PM

 
Blogger selma a dit...

très joli
cette histoire me rappelle celle du maradjah des indes qui construisit le tagmahal en souvenir de sa femme décédée en couche,il tua la femme de l'architecte devant celui-ci de ses propres mains,pour que l'architecte ressente la douleur de perdre un être aimé;le résultat est le tajmahal;puis creva les yeux de l'architecte,pour qu'il ne puisse jamais construire un palais semblable!
j'aime beaucoup tes contes,bonne continuation

11:57 PM

 
Anonymous phedre a dit...

très beau conte, ça rappel les contes de chez ns et que ns racontaient nos grds pararents!
merci pour de réveiller se vieux souvenir

11:08 AM

 
Anonymous anima a dit...

histoire vraiment ghezala :)
tebarkalah 3la lala

9:00 PM

 

Enregistrer un commentaire

Abonnement Publier les commentaires [Atom]

<< Accueil