" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

12.11.2005

Les diableries des femmes

Deuxième épisode

En attendant, il lui faillait se débarrasser de la sienne, mais il ne l’accord du sultan. Isolé avec elle dans leur petite maison, il passait ses jours et ses nuits à chercher un moyen de se libérer sans dommage. N’en trouvant pas, il reprit ses habitudes; tous les jours avec son âne et ses livres, il revint s’asseoir sous les remparts, à l’ombre du figuier. Peut-être, sans se l’avouer, espérait-il revoir entre les créneaux le visage rieur de la suivante.
Un soir qu’il s’apprêtait à regagner sa triste demeure, il s’entendit appeler par une voix familièer.
«Jeune homme qui lis sous le figuier, me reconnais-tu ? »
Bien que fâché dans son cœur, il répondit: «jeune fille en haut des remparts, je n’ai pas oublié celle qui a abusé de ma confiance. »
«Tu vois bien que tu n’avais pas tout appris dans les livres. Es-tu toujours aussi sûr de tout connaître sur les roueries des femmes ? »
«Aussi sûr que je le suis de ta beauté. Loué soit Allah qui ta l’a donnée! Maintenant que j’ai achevé ma lecture et que j’ai de l’expérience, aucune ne peut plus me tromper. »
En le retrouvant toujours aussi plain de suffisance, la jeune fille sentit fondre la pitié qu’il lui inspirait et conçut sur-le champ une nouvelle ruse. Elle se pencha vers lui du haut des remparts et dit d’une voix suave et tendre : «je suis malheureuse de t’avoir trompé et je voudrais te venir en aide. Je connais un moyen de te libérer de cette femme. Mais accepteras-tu de m’écouter ? Je ne t’en voudrai pas si tu refuses. »
Le jeune homme qui n’était qu’à demi rassuré, s’inquiéta : «que te préparas-tu encoure à me faire? »
«Rien qui puisse te nuire. Je veux simplement réparer ma faute. »
«En bien ! Parle, e t’écoute. Que dois-je faire? »
«Rentre chez toi et demain matin hisse ta femme dévoilée sur ton âne et promène-la à travers la kasbah. Devant chaque porte, arrête-toi pour implorer: a man yatina chi baraka f’oujah had elmatouba Allah yarham biha l’walidine !»
«Qui veut donner quelque aumône par pitié pour cette pauvre infirme ? La miséricorde de dieu soit sur vos parents ! »
Quand le sultan sera informé de la honte de sa fille, il exigera le divorce. Tu refuseras au nom de la religion jusqu’à ce qu’il te propose une grosse somme d’argent que nous partagerons équitablement par la suit.
Ne trouvant rien de louche à la proposition, le jeune homme malgré sa méfiance, l’accepta.
Le lendemain matin, il amena son devant la porte de la maison, mit en place le bât et le «chwari» puis, prenant sa femme à bras le corps, il l’installa avec précaution sur dos le l’animal, veillant soigneusement à caler les jambes inertes dans les paniers du chwari. Après quoi, il entama sa promenade dans la kasbah. Devant chaque porte il s’arrêtait pour implorer de la voix traînante et chantante du mendiant : «ya man yatina chi baraka f’oujh had almaâtouba Allah yarham biha l’walidine.»
Le premier qui l’entendit alerta les autres: «Aw ! Aw ! Aw! Ce n’est pas possible ! La fille du sultan ! Dévoilée ! Sur un âne ! En train de mendier! Mais c’est la fin du monde! .»
Bientôt, de bouche à oreille, la rumeur gagna le palais et parvint jusqu’au sultan.
Sa colère fut terrible. Il ordonna de lui amener, mort ou vif, celui qui était en train de déshonorer sa fille.
Quand il l’eut devant lui il par la durement : «toi qui as osé demander ma fille en mariage, tu ne m’avais pas dit que tu voulais en faire une mendiante. Pourtant, tu es riche maintenant. Pourquoi veux-tu nous déshonorer? Rends-moi donc ma fille immédiatement! »
Le jeune homme, fort de ses droits de mari, refusa au nom de la religion et résista même aux menaces, si bien que le Sultan dut lui promettre une grosse somme pour le décider.
Dès qu’il eut l’argent, il partit sans attendre que le Sultan change d’avis. Il arriva les remparts et s’arrêta sous le figuier. La suivante qui le guettait à sa place habituelle ironisa gentiment : «voilà ce qu’on appelle un homme de confiance ! Tu m’apportes ma part, je suppose ? »
Il lui montre les pièces d’or et commença à les compter.
«Je sais bien que je puisse te faire confiance, lui dit-elle, mais si tu veux faire un partage vraiment équitable, il te faut une balance. Sans elle, il n’y pas de justice possible. Attrape celle que je t’ai préparée. »
Sous les yeux étonnés du jeune homme, elle fit descendre au bout d’une corde une balance soigneusement attachée.
«Tu n’as plus maintenant qu’à mettre les pièces dans les plateaux. Quand ils seront en équilibre, le partage sera parfait. »
Le jeune homme trouva bien un peu étrange cette façon de procéder mais il n’y vit pas malice. Il répartit les pièces d’or dans les plateaux jusqu’à ce que l’équilibre fût atteint. Elle le pria alors de reculer pour en juger par elle-même.
Pendant qu’il s’exécutait, elle remonta de prestement la corde et la balance sans qu’il ait le temps de faire un geste pour l’en empêcher. Il en resta sidéré.
Tout en faisant tinter les pièces, la maligne lui dit: «ce n’est pas payer trop cher pour la leçon que je te donne. J’espère qu’elle te que tu te souviendras que les livres sur les diableries des femmes ne sont jamais complets et qu’on peut toujours y ajouter quelque chapitre. »

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