" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

12.11.2005

Les diableries des femmes

première épisode


Il y avait dans le royaume d’un riche Sultan un jeune homme qui croyait tout connaître des femmes et des ruses des femmes. Tous les jours, il avec son âne s’installer sous les remparts du palais, dans un endroit tranquille qu’ombrageait un figuier. Là, jusqu’au crépuscule, il lisait sens jamais s’interrompre tous les livres qu’il avait apportés qui lui enseignaient-du moins le croyait-il- à se méfier des femmes et à déjouer leurs roueries.
Un jour qu’il était plongé dans sa lecture laborieuse, un visage rieur apparut en haut des remparts, entre deux créneaux. C’était une suivante de la princesse, belle comme la lune, rayonnante comme le soleil, que le manège du jeune homme intriguait depuis longtemps déjà. Comment ? Se demandait-elle, un homme jeune et beau comme lui pouvait-il perdre son temps à lire et à lire sans cesse ? Elle se sentait presque offensée. Elle aurait souhaité qu’il la remarquât, qu’il la trouvât belle et qu’il lui dît et…pourquoi pas qu’il eût envie de l’épouser ? Ce jour-là, elle décida d’attirer son attention. Comme elle était seule sur la terrasse et que personne en bas n’était en vue, elle le héla : «jeune homme qui lit sous le figuier, ne sais-tu pas que c’est ici le palais du Sultan ? »
«Jeune fille en haut des remparts, je ne l’ignore pas. C’est pour cela que je viens m’y installer tous les jours. Nulle part ailleurs je ne serais aussi tranquille pour lire et étudier qu’à l’ombre de ce figuier. »
«Ce que tu étudies doit être bien intéressant car tu ne lèves jamais la tête. » Elle ajouta, effrontée et coquette : «si je ne t’avais pas appelé, tu ne m’aurais jamais remarquée. »
Le jeune homme, oubliant pour un moment ses livres, la regarda avec un peu plus d’attention et la trouva très belle avec ses longes chevaux noirs, ses yeux de gazelle et sa bouche petite et ronde qui souriait. Il prit plaisir à lui répondre : «ces livres m’apprennent tout ce qu’il faut savoir sur les femmes pour ne pas se laisser tromper. Ce soir, quand j’aurai achevé le dernier, je ne craindrai plus leurs diableries. Aucune ne pourra jamais me duper! »
«En es-tu sûr ? Demanda la coquette. »
«Aussi sûr que je le suis de ta beauté. Loué soit Allah qui te l’a donnée ! »
En le voyant ainsi plain de suffisance, la jeune fille eut envie de lui donner une bonne leçon. Elle décida de se faire passer pour sa maîtresse, la fille du Sultan qui était-qu’Allah nous en préserve ! – infirme et contrefaite et d’amener le jeune homme à la demander en mariage
Elle lui son sourire le plus enjôleur et poursuivit : «toi qui connais tant de choses, tu dois savoir que je suis la fille de notre Maître vénéré, le Sultan. Mon père m’enferme dans ce palais et m’interdit de sortir. Je passe mes journées dans les jardins et souvent je monte sur les remparts pour regarder la ville. C’est ainsi que je t’ai vu. Si tu acceptais de m’épouser, tu pourrais m’emmener hors de ces murs. Vaux-tu aller demander ma main à mon père ? Je suis sûr qu’en te voyant bon et intelligent, il te l’accordera. »
Le jeune homme, surpris et flatté, oublie de se méfier. Il crut que sa prestance et son esprit lui valaient seul cette demande. De plus, la fille était belle. Il accepta d’enthousiasme et se fit expliquer ce qu’il devait faire. Après le lui avoir dit, la suivante ajouta : «le sultan te dira que je sourde et muette, aveugle et paralytique, difforme, que-j’encore ! C’est une épreuve. Ne le crois pas. Maintiens ta demande»
Le jeune homme, l’esprit et le cœur enflammés, ne perdit pas de temps. Il alla revêtir ses habits de fête et revint au palais. Il laissa son âne sous le figuier, traversa les magnifiques jardins et, après bien des palabres, réussit à se faire admettre auprès du sultan. Dès qu’il fut en sa présence, il se prosterna : «NAM-Allah-alik-a-sidi, que dieu te comble de ses bienfaits ! Je suis venu implorer ton aide et ta protection. Bghit n’kammal dini. Acceptes-tu, ô ! Sultan vénéré, de m’accorder la main de ta fille ? .»
Cette demande inconsidérée surprit fort sultan qui néanmoins répondit : «je pourrais croire que tu te moques de moi si je ne te voyais de mes yeux aussi candida et innocent. Tu ignores sans doute que ma fille est sourde et muette depuis sa naissance. Elle est aveugle, paralytique et difforme. Veux-tu toujours l’épouser ? Crois-moi, va-t-en garde le secret. J’oublierai ta démarche. (N’am-allah-a-sidi, kabel koulchi), j’accepte tout.
Le sultan qui vit là une occasion inespérée de marier sa fille, n’insista pas davantage et donna son accord. Il fit remettre au jeune homme des habits de prince et le combla de toutes sortes de biens.
On annonça en grande pompe le mariage. Les préparatifs plus les noces se firent au milieu des réjouissances populaires.
La nuit de pénétration, le jeune marié rêvant déjà amoureusement de cette qu’il avait aperçu entre deux créneaux et qu’il n’avait jamais revue depuis, entra dans la chambre où l’attendait... la véritable fille du sultan…sourde et muette, aveugle, paralytique, difforme !
Le sultan n’avait pas menti. Elle n’avait pas menti non plus, la suivante qui s’était si bien jouée de lui. Il en conçut du dépit contre toutes les femmes et jura qu’il ne se laisserait plus jamais prendre à leurs ruses.

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