" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

12.07.2005

Aîcha Laâbou

Quatrième épisode
Les nuits et les jours passèrent…
Les exploits d’Aïcha Laâbou finirent par arriver aux oreilles du sultan qui voulut voir et châtier celle qui se jouait de tous. Il envoya un de ses gardes la chercher avec ordre de la ramener de gré ou force.
Quand elle fut devant lui, le Sultan lui parla durement : «c’est donc toi Aïcha Laâbou, Aïcha la trompeuse, qui ne cesse de duper mes fidèles sujets ! Tu seras punie comme tu le mérites ! »
Et il donna l’ordre à deux esclaves de la crucifier. Aïcha Laâbou fut donc attachée solidement au mur, les bras en croix, dans l’impossibilité de faire un mouvement. Alors qu’elle désespérait de se tirer d’affaire, le sort lui vint en aide. La Sultane ce soir-là eut envie d’aller se promener dans les jardins. En passant, elle vit cette pauvre femme crucifiée et s’approcha curieuse et compatissante : «qu’as-tu fait malheureuse pour mériter un tel châtiment ? Je te plains d’avoir ainsi encouru la colère de notre Maître bien-aimé le Sultan-qu’ALLAH le protège ! .
AÏcha Laâbou se redresse et répondit fièrement : «Je ne suis pas à plaindre, ô ! Princesse, mon sort, au contraire, est enviable. Notre Sultan-que son nom soit béni-a pris soin de moi et de ma beauté. Il m’a fait attacher ainsi pour que mon dos se redresse et que je sois de nouveau droite et bell. »
La Sultane sentit au cœur un petit pincement de jalousie et se dit qu’elle pourrait, elle aussi, bénéficier du remède. Son dos se voûtait quelque peu et elle voyait bien que le Sultan lui préférait favorites.
«Dis-moi femme, tu pas me céder la place pour quelques heures ? Personne ne s’en apercevra si nous faisons l’échange cette nuit. Au matin, tu reprendras ta place. »
«C’est entendu. Pars maintenant et reviens dés que la nuit sera tombée. »
La Sultane fut exacte au rendez-vous. Elle délivra Aïcha Laâbou qui se hâta de sa liberté retrouvée. Après avoir, à son tour, attaché solidement la princesse, elle sortit du palais sans être vue, à la faveur de l’obscurité et de la solitude de la nuit.
Cette fois, elle quitta la ville et s’en alla fort loin. Le lendemain, le Sultan voulut voir comment se portait la trompeuse. Il vint dans la salle et fut fort surpris d’y trouver sa femme. Il s’emporta : «que fais-tu là ? Qui t’a attachée ? Où est Aïcha Laâbou ? »
La princesse, que la jalousie égarait, se mit à lui faire de violents reproches, l’accusant de plus s’intéresser à elle, à sa santé, à sa beauté.
Le Sultan ne comprenait rien à cette scène. Il exigea des explications. La Sultane lui raconta alors comment et pourquoi elle avait pris la place de la crucifiée. Furieux, il se rendit compte que, comme ses fidèles sujets, il s’était laissé berner par Aïcha Laâbou.
Ill délivra sa femme et donna l’ordre de rechercher dans tout le royaume celle qui s’était jouée de lui et de la lui ramener morte ou vivante.
Depuis ce jour, on la cherche encore.
Ainsi se termine mon conte.

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