" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

12.07.2005

Aîcha Laâbou

troisième épisode

Les jours et les nuits passèrent … Un matin Aïcha Laâbou apprit que, non loin de là, on se préparait à fêter le retour de la Mecque d’un riche célibataire. Elle se renseigna discrètement et, à la nuit tombante, s’introduisit furtivement dans la demeure du hadj. Elle pénétra dans sa chambre. La pièce était vide.
AÏcha Laâbou avait préparé et apporté une outre pleine de miel qu’elle avait habillée et ornée comme une jeune épousée. Elle l’adossa aux nombreux coussins de manière à donner l’illusion de la mariée qui, assise dans le lit, attend son futur époux. Puis elle se glissa ce même lit et patienta.
Peu de temps après, le haje entra dans la chambre obscure. Il ôta ses babouches et posa sur la table son kandjar et sa choukara rebondie.
En se relevant, il aperçut cette silhouette de femme assise dans son lit et s’étonna : «qu’est-ce que c’est ? Qui es –tu femme ? »
« Je suis ton épouse, -c’était bien entendu Aïcha Laâbou- qui parlait- je suis la surprise que ta mère-qu’Allah te la conserve- a préparée pour toi pour fête. Ton retour des lieux-saints. »
L’homme aussitôt s’approcha du lit, curieux et excité. Elle l’arrêta :
«Non, pas tout de suite. Montre-moi d’abord tous les trésors que tu as rapportés de la Mecque. Je suis sûre qu’il y en a beaucoup et de merveilleux. »
Le hadj flatté ouvrit sa choukara et en étala les richesses : de l’or,
Des perles rares, des bijoux ciselés, de quoi tenter enfin une femme même moins cupide qu’Aïcha Laâbou.
Pendant qu’elle s’exclamait d’admiration, l’homme s’approcha de nouveau du lit de nouveau, il fut repoussé.
«Va faire tes ablutions, tu reviendras après, je t’attends. »
Avant de s’exécuter, le hadj voulut connaître le nom de cette épouse inattendue qu’il commençait à trouver désirable.
«Dis-moi d’abord comment tu t’appelles ! »
-ce n’est pas difficile, je m’appelle Laâbou Ou Zghartou.
Le nom lui parut étrange mais, après tout, il en avait entendu d’autres et de plus bizarres.
Il se dépêcha d’aller faire ses ablutions.
Pendant son absence, Aïcha Laâbou sortit de sa cachette, s’empara du contenu de la choukara et se sauva. L’homme que la curiosité et l’attente avaient surexcité revint promptement dans la chambre. Après la prière rituelle, il s’adressa à la mariée; «enlève ton voile et découvre ton visage ! »
Rien ne bougea. Il répéta son invitation sans plus de succès. Furieux de ne recevoir aucune réponse, et pour punir ce qu’il considérait comme un outrage, il saisit son poignard et frappa. L’outre éventrée laissa échapper le miel qui rejaillit en gouttelettes sur le visage et la bouche du hadj. Il le goûta du bout de la langue et se réjouit : «Ah ! La païenne ! S’exclama-t-il. Son sang est délicieux, deux comme le miel ; comment doit être sa chair ? »
Décidé à user enfin de ses droits de mari, il souleva les nombreux voiles de la mariée et mit à jour l’outre éventrée.
Frustré, déçu et ivre de rage, il sortit sur le seuil de la chambre en appelant de toutes ses forces; «Laâbou Ou Zghartou... Laâbou Ou Zghartou…»
Les invités l’entendirent et une femme, joyeusement, se mit à battre des mains et à danser tout en chantant :
«Laâbou, laâbou, laâbou,
Rah sidi had chi 3ajbou »
« Amusez-vous, amusez-vous, amusez-vous,
Au sidi cela plait beaucoup. »
Mais le sidi ne l’entendait pas de cette oreille. «Qui par le de s’amuser ? Je ne vous ai pas demandé de chanter. J’appelle ma femme Laâbou Ou Zghrtou, celle que ma mère a choisie et que trouvée dans ma chambre. Elle vient de se sauver avec tout mon or. Rattrapez-la vite ! »
Ils sortirent en courant dans la rue, ils n’allèrent pas loin.
En fuant, Aïcha Laâbou avait tiré au milieu de la ruelle, à l’endroit le plus obscur, un de ces lourds mortiers de bois dont les femmes se servent pour piler le grain et qu’elles laissent le soir devant leur porte. Les uns après les autres, les poursuivants trébuchèrent et tombèrent en poussant des imprécations. Ce fut un beau vacarme. Pendant qu’ils se relevaient, Aïcha Laâbou eut tout le temps de rentrer chez elle et de s’y enfermer, se réjouissant d’avoir fait une nouvelle dupe et de s’être enrichie.

3 commentaires:

Blogger laseine a dit...

fkayi lmail nem ghila gila
aryi sladressayad : laseine dar free.fr (dar igate @)

4:25 PM

 
Blogger laseine a dit...

is izdare lbaze l7or adildi talobante ta7orite ghgr tilobanine ?

ighiga laseine lbaz lhor d'ightga tazart talobant tahorit han izdare astid ildi.

ai-je gagné ?

4:29 PM

 
Blogger laseine a dit...

aroukane sol itkel lbaz lhor s'talobant tahorit adas tfk lmail n's

4:30 PM

 

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