" أكتب كي أبعث الحياة في الناس و في الطبيعة و في الأشياء" محمد خير الدين

12.04.2005

Aîcha Laâbou

Deuxième épisode
En chemin, elle croisa sep hommes qui discutaient vivement entre eux et semblaient fort préoccupés et embarrassés. Curieuse, elle ralentit sa marche et s ‘arrangea pour surprendre leur conversation. Quand elle en sut assez, elle les aborda avec audace.
« J’ai tout entendu. Vous voulez vous marier tous les sept et vous cherchez une ‘‘khattaba’’, une marieuse, laissez-moi faire. Je vais m’occuper de vous. »
D’abord surpris, les sept jeunes gens, après s’être consultés, acceptèrent sa proposition et se mirent d’accord avec elle. Elle demanda et obtint une grosse somme d’argent sur laquelle elle se fit donner une confortable avance.
« Ne restez pas là, leur conseilla-t-elle. Allez chez l’un d’entre vous et donnez-moi l’adresse. Je reviendrai dés que j’aurai les sept femmes. »
Elle alla déposer son ballot chez elle et repartit vers le souk.
Un vieux mendiant l’aborda pour lui demanda l’aumône. L’idée lui vint aussitôt qu’il pourrait la servir. Elle lui donna une petite pièce de monnaie, puis lui en montrant une grosse, elle lui dit : « on n’a rien, si tu veux gagner cette pièce, il faut que tu fasses quelque chose pour moi ! »
« Je veux bien, mais quoi ? »
« Viens avec moi chez ce marchand de tissus-ce n’était bien entendu pas le même. Après mon départ, tu resteras dans la boutique et tu répondras(oui) à tout ce qu’on te demandera. Tu vois, ce n’est pas difficile. »
Le mendiant acquiesça et Aïcha Laâbou entra dans la boutique. Elle choisit sept voiles de couleurs différentes : un noir, un vert, un bleu, un rose, un jaune, un rouge.
Au moment de payer, elle recommença ce qui lui avait si bien réussi une première fois. Elle se tâta, fouilla dans sa ceinture, fit semblant de chercher fébrilement son argent et finit par dire : « ma kÏn rass, je vais chercher l’argent. L’homme m’attendra ici. »
Et elle partit avec les voiles.
Le commerçant, ne la voyant pas revenir, alla s’enquérir auprès du mendiant qui n’avait pas bougé.
« C’est bien ta femme ? »
« Oui. »
«Elle ne va pas tarder à revenir ? »
« Oui. »
« Tu n’as pas de quoi me payer ? »
« oui»
« Mais enfin, tu te moques de moi ? »
Mis en rage, le marchand le poussa hors de la boutique en le frappant et en l’injuriant : va-t-en, fou, et que je ne te revoie plus !
Pendant que le mendiant se faisait chasser de la boutique, Aïcha Laâbou se rendait à l’adresse indiquée pour y retrouver les sept prétendants au mariage. Ils attendaient son retour dans la plus grande impatience.
Elle les fit entrer dans une grande pièce qui ouvrait sur le patio et leur recommanda : « asseyez-vous et ne bougez plus. Bien que ce soit défendu, je vais vous faire voir vos futures femmes. Mais attention ! Il vous est interdit de leur parler ou de vous en approcher. Je vais me cacher dans la cuisine et je vous surveillerai. »
Les sept hommes, sans discuter, acceptèrent ses conditions. Aïcha laâbou s’enferma dans la cuisine et, revêtant successivement les sept voiles, elle traversa sept fois le patio sous le regard intéressé des sept prétendants. La présentation achevée, ils se mirent tous à parler en même temps et à se quereller : « a moi le bleu… ! A moi le vert… ! Non, il est pour moi… ! »
-hommes ! La couleur n’est qu’apparence ! Après le mariage, chacun de vous habillera sa femme comme il le voudra. Donnez-moi plutôt l’argent pour aller vous acheter les « dhaz »
Ils le lui remirent et elle s’en alla.
Les sept hommes espérèrent longtemps son retour, mais ils peuvent toujours -attendre le vent- car, bien entendu, elle ne reviendra pas.

2 commentaires:

Blogger laseine a dit...

Salam tazart

Fkiyi kra ikorrane en échange de ifafeln.
C'est foutu pour Abaddaz, Boutagant a détruit toute la récolte de asengar

6:59 PM

 
Blogger mouna a dit...

Salam
J'aime beaucoup .. je suis une FAN des hojjayates ...
Ah notre patrimoine est riche ..
MERCI !

8:49 PM

 

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